vendredi 18 septembre 2009

CIL-IBSC 30 ans !

Amis aquariophiles et plus particulièrement "labyrinthidophiles" (pour les non-initiés, non, ce n'est pas sale, il s'agit seulement de désigner de manière courte et pas trop ampoulée les amateurs de poissons à labyrinthe des familles Anabantidés et Osphronemidés, entre autres), Blois 2009, c'est parti ! D'autant que l'association CIL-IBSC fête ce week-end ses 30 ans d'existence.

De nombreux auteurs d'AQUATIC seront là demain : Franck Delanoy, Marc Maurin, Michel Dantec, Sylvain Mathieu et Loïc Vaillant. Nous essayerons d'ailleurs de présenter succinctement le magazine à ceux qui ne le connaitraient pas avec une petite projection.

Pour l'heure, il faut encore empaqueter les quelques Betta simplex que je veux céder, n'ayant plus de place pour parrainer l'espèce (c'est-à-dire assurer sa pérennité auprès des membres de l'association).
Puis départ pour Marseille pour rejoindre Marc Maurin et Cyril Bensaïd, grands éleveurs de betta de sélection et champions dans diverses catégories.
J'insiste sur le fait que les espèces de forme naturelle (c'àd "sauvages") seront également bien représentées.
Petit détour ensuite dans la région lyonnaise pour récupérer Hervé G. histoire de compléter l'équipe et de s'amuser comme des petits fous jusqu'à Blois.
Le samedi, diverses conférences, dont une présentation prévue par nos amis de Crusta-Fauna, et le dimanche, bourse aux poissons qui permet de trouver des espèces rares.
Vous aurez ici (ou sur le forum d'Aquatic) un petit aperçu de ce congrès.
D'ici là, passez également un bon week-end.

jeudi 10 septembre 2009

ANIMAL'Z, de Enki Bilal

J'ai enfin lu le dernier Enki BILAL, sorti en mars 2009. Vous pouvez en savoir plus sur cette nouvelle œuvre en allant sur le site officiel de Casterman, d'où est extraite l'image de couverture (respectons les droits d'auteur, car bien que trop souvent ignorée par les médias, c'est un comble, la presse est autant victime que la musique).
Pour ceux qui ne connaitraient pas, ANIMAL'Z est une œuvre de science-fiction poétique, genre trop rare dans lequel excelle E. Bilal.

J'avoue avoir eu une réaction trop hâtive la première fois que j'ai feuilleté cette nouvelle B.D. J'avais trouvé par moment le dessin un peu "bâclé"... pour du Bilal, bien sûr. Quand on est habitué au meilleur, on devient de plus en plus exigeant vis-à-vis d'un auteur si talentueux. Et c'est un doux euphémisme, car le graphisme est proche du pur génie. S'il y a effectivement quelques pages qu'on aurait aimé plus dynamiques (les scènes d'action, justement), l'ensemble reste d'une grande beauté avec une force visuelle qui stimule l'imagination du lecteur. Car Bilal sait mieux que quiconque suggérer plutôt que montrer. À vous de compléter ce monde de demain qui semble se conjuguer au futur proche, trop proche.

Voilà, la deuxième fois est la bonne, je repars avec un Bilal sous le bras, comme au "bon vieux temps". Et comme au bon vieux temps, c'est une claque autant visuelle que narrative. Le futur est gris, l'horizon est bouché, pour ne pas dire impalpable, inexistant. No future ? C'est un peu cette sensation, sauf que les punks à la musique binaire sont remplacés par des néo-nihilistes qui citent les plus grands penseurs (non, Jacques Séguéla n'y est pas...). La mer est omniprésente, jusque sur terre et dans les airs !

Le déréglement climatique est passé par là. Les civilisations ont été dévastées par ce bouleversement où les repères géographiques n'ont plus de sens : que vient faire le Mont Blanc dans les contrées de l'Himalaya ? Métaphore à peine masquée de l'Homme qui modifie le milieu à si grande vitesse qu'il ne le reconnaît même plus en l'espace d'un claquement d'un doigt.

L'univers de Bilal a souvent été peuplé d'animaux, il suffit de se souvenir des dieux égyptiens de la trilogie Nikopol ("La foire aux immortels" ; "Froid équateur" et bien sûr "La femme piège"). La mer, véritable héroïne de ce nouvel album, n'est pas non plus une première pour le dessinateur - scénariste - réalisateur (on lui doit "Bunker Palace Hotel" ; "Tykho Moon" et "Immortel", dernier film sorti en 2004). Elle avait eu un joli rôle dans "Le vaisseau de pierre", magnifique B.D. de 1976 que je vous recommande chaudement tant son thème est toujours actuel et où l'on trouve déjà les préoccupations environnementales de l'auteur, même si Pierre Christin en était le scénariste : on imagine mal le dessinateur, véritable artiste dans tous les sens du terme, cautionner un récit qu'il désapprouverait. Préoccupations environnementales également dans "Le sarcophage", avec encore pour notre plus grand bonheur Christin au "scénario" (la couverture de l'album présentait "Les correspondances de Pierre Christin"), et cette fois le drame de Tchernobyl. Je reparlerai ultérieurement de Christin, qui est au scénario ce que Bilal est au dessin : un pur génie !
Il y a cependant quelque chose de différent dans "ANIMAL'Z" puisque la nature reprend ses droits et manipule à son tour l'espèce humaine. Problème : celle-ci semble devenue complètement folle, sans repères, où l'hémisphère sud se confond avec l'hémisphère nord, où les hippocampes volent et où les ours polaires se consultent pour savoir si oui ou non il reste une part d'animal dans l'Homme. Sa part d'humanité, peut-être ?
Jolie métaphore également : les "packs hybride" où l'Homme doit muter en animal pour survivre dans un environnement hostile. Il ne s'agit pas de le transformer en créature hideuse et répugnante, c'est même tout l'opposé, comme pour mieux souligner que le futur de l'Homme passe forcément par celui de l'animal. Une sorte de relation symbiotique. Espérons que le message passera au plus vite !

Un très beau livre qui combine dessins aux tons gris somptueux et récit original, avec une touche d'espoir malgré une vision assez pessimiste de l'avenir de notre planète. À lire de toute urgence, que vous soyez amateur de B.D. comme de livres bien écrits.